mahoître


mahoître

⇒MAHEUTRE, MAHOÎTRE, subst.
HIST. DU COSTUME
A.Subst. masc. ou fém. Bourrelet d'étoffe montant et rembourré qui couvrait l'épaule et le bras jusqu'au coude, conçu à l'origine comme renforcement du costume militaire, qui fut à la mode surtout au XVe s. Alors il endossa précipitamment sa casaque à mahoîtres fourrées, ramassa son bonnet et sortit en désespéré (HUGO, N.-D. Paris, 1832, p. 304). Vous auriez bien dû rester neutre; Où vais-je vous larder, dindon?... Dans le flanc, sous votre maheutre?... Au coeur, sous votre bleu cordon? (ROSTAND, Cyrano, 1898, I, 4, p. 46).
Emploi en appos. avec valeur d'adj. Il était mi-parti gothique et moderne, ayant une perruque (...) et des manches mahoîtres (HUGO, Homme qui rit, t. 2, 1869, p. 181).
B.Subst. masc., p. méton., vx
1. Soldat, généralement protestant, dont l'habit comportait des maheutres durant les guerres de religion. (Dict. XIXe et XXe s.).
2. P. ext. Soudard, aventurier se distinguant par les méfaits et les pillages qu'il commettait. Et quand il hurlait: «Complices, assassins, meurtriers!», je répliquais: «Pandour, maheutre, imbécile!» (LA VARENDE, Am. Bonneville, 1955, p. 95).
Prononc. et Orth.:[], [-]. Ac. 1762, 1798 maheutre. Étymol. et Hist. 1. Mil. du XIIe s. mahustre «épaule, partie supérieure du bras» (Lapidaires agn., éd. P. Studer et J. Evans, IIIa, XIV, 7); 2. XVe s. «bourrelet d'étoffe adapté à l'épaule» (J. DU CLERCQ, Mémoires, l. V, ch. 2 ds GDF., s.v. mahustre); 3. 1592 «soldat, partisan de Henri IV» ([PIGENAT] L'Aveuglement et grande inconsideration des politiques, heretiques et maheustres lesquels veulent introduire Henri de Bourbon ... à la couronne de France [titre, cf. CIOR. XVIe s., n°17602]). Orig. inc. Il est difficile d'admettre, comme le fait G. ALESSIO ds R. Ling. rom. t. 17, 1950, pp. 185-186, un lat. omo-osteum, gr. - «os de l'épaule», qui aurait donné mouistre en fr., le mot apparaissant d'abord en agn. et en pic. (FEW t. 21, p. 306a). Bbg. SAIN. Sources t. 1 1972 [1925], p. 324; t. 2 1972 [1925], p. 342; t. 3 1972 [1930], pp. 414-415.

Encyclopédie Universelle. 2012.